L’huître creuse

L’huître creuse

Magallana gigas, anciennement appelée Crassostrea gigas : 

Animalia (Règne) Mollusca (Phylum) Bivalvia (Classe) Ostreida (Ordre) Ostreidae (Famille) Magallana (Genre) Magallana gigas (Espèce)  
Clé d’identification : Coquille ovale, stries de croissance très marquées, une valve creuse et une valve plate, intérieur lisse et blanc

Distribution géographique : Originaires du Pacifique, elle a été introduite en France dans les années 70 pour sauver l’activité conchylicole. Elle est aujourd’hui répandue en Europe.

Biotope : Ecosystèmes côtiers avec ou sans balancement de marée.

Régime alimentaire : L’huître se nourrit de phytoplancton (microalgues) en filtrant plusieurs litres d’eau de mer par heure. Les particules en suspension sont filtrées à l’aide de leurs branchies. Elles sont capables de trier et rejeter les particules à l’aide de leur palpes labiaux sous forme de pseudo-fécès dans le cas où la nourriture ne serait pas appropriée (ex: vase, algues toxiques….)

Reproduction : L’huître creuse est hermaphrodite protandre. Elle est d’abord mâle puis femelle. Au cours de l’été, les huîtres libèrent leurs gamètes (ovocytes et spermatozoïdes) dans l’eau où est réalisée la fécondation. La larve d’huître est planctonique et se fixe sur des substrats durs après 2 ou 3 semaines selon la température. Chaque année, ces larves sont dénombrées sur plusieurs sites en France par le réseau ECOSCOPA. Au-delà de l’observation environnementale, l’analyse de données aide les producteurs à déployer leurs collecteurs au bon moment. 

Particularité : L’huître possède naturellement des paires de chromosomes, on les appelle « diploïde ». Pour la conchyliculture, des huîtres triploïdes ont été produites à partir de mâle tétraploïde et de femelles diploïdes.  Elles sont stériles et ne sont donc jamais « laiteuses » et peuvent ainsi être consommées même l’été. Elles sont appelées « huîtres des quatre saisons ». La triploïdie est aussi utilisée dans le monde agricole, par exemple pour obtenir des mandarines sans pépin.

Moyens de défense : Les huîtres se protègent en fermant leurs valves contre l’émersion, la prédation, la pollution, les dessalures, le manque d’oxygène.

Comportement : Sensible aux pressions environnementales, l’analyse de leur comportement valvaire peut servir d’alerte aux pollutionsLes huîtres n’ont pas d’yeux en tant que tels, et pourtant elles sont perturbées par la pollution lumineuse de nos villes

Véritable sentinelle environnementale, les huîtres sont observées sous toutes les coutures dans le cadre des réseaux d’observation et de surveillance (ECOSOPA, REMI, REPHYTOX

Recherches au sein de MARBEC

La thèse de Doctorat de Franck Lagarde a montré que : 

  1. Les huîtres creuses de la lagune de Thau sont capables de pondre et de se reproduire plusieurs fois au cours de l’été
  2. Leur cycle larvaire est plus court (15j) qu’en Atlantique (21j)
  3. La taille à la métamorphose et le succès de recrutement des juvéniles sont liés aux conditions alimentaires des huîtres adultes et des larves (quantité et de nourriture)

Avec la collaboration du CEPRALMAR, un guide a été réalisé pour encourager les professionnels à capter localement leur naissain, plus résistant aux pathogènes et plus adapté aux conditions climatiques méditerranéennes.

Quels sont les impacts du réchauffement climatique sur l’espèce ? 

Une expérience inédite internationalement a pu démontré un impact significatif de l’augmentation de la température et de l’acidification sur la croissance et la reproduction des huîtres, et des dégâts majeurs sur les moules dès 2050. 

Les perspectives des scientifiques (Ifremer, CNRS) et de la filière conchylicole (CRCM) sont de prévoir l’impact de l’augmentation de la salinité et des apports d’eau douce sur les performances des coquillages en élevage de la lagune dans un contexte de changement climatique. 

Ca se passe près de chez vous :  au Mourre Blanc à Mèze !

Pour devenir un « As » de l’histoire locale de l’ostreiculture, nous vous conseillons de visiter le musée de l’étang de Thau à Bouzigues!

La filière conchylicole est menacée par de multiples pressions : réchauffement climatique, acidification, anoxie, maladie, prédation …

Pour aller plus loin sur le sujet :

Nous vous conseillons de lire ou d’écouter l’HDR du Marion Richard, chercheuse en écologie marine spécialiste des « Analyses des interactions conchyliculture/environnement dans un contexte de changement global pour des lagunes saines et nourricières »

Vous voulez déguster des huîtres ?

Les producteurs de l’étang vous accueilleront directement chez eux que ce soit sur Bouzigues, Loupian, Mèze ou Marseillan.

 N’hésitez pas à les soutenir en mangeant local!Pour plus d’info, renseignez vous auprès de l’Office du Tourisme et découvrez leur brochure « Terroir et Gastronomie »

Surprenant: « Loin des regards, les huîtres peuvent avoir une vie d’artiste ! »

Venez écouter le « Late show de Ninette la daurade » dans lequel « Gigi l’huître creuse » nous révèle sa vraie nature et ses préoccupations….

Petit conseil littéraire ?

La Forêt amante de la mer, Hatakeyama Shigeatsu – Éditions Wildproject Au nord du Japon, la baie de Kesennuma est en crise. Face à la marée rouge, l’ostréiculteur Hatakeyama Shigeatsu cherche à sauver un mode de vie et une baie où sa famille a vécu depuis des générations. Lors d’un voyage en France, il comprend qu’un boisement riche en feuillus enrichit les eaux marines. Ainsi naît le mouvement de reboisement « La forêt amante de la mer » – Mori wa Umi no Koibito. Ce mouvement populaire et citoyen donnera naissance à une ONG internationale qui établira un nouveau rapport des habitants à la baie de Kesennuma, et lui redonnera vie. Dans un récit poétique plein de grâce, Hatakeyama raconte ce combat et cette victoire. Cet ouvrage est une bible de l’écologie au Japon. Une fable écologique, une histoire vraie, un best-seller.

Pour plus de renseignements, contactez nos experts MARBEC :
Franck.lagarde@ifremer.fr; marion.richard@ifremer.fr
Auteurs :
Quentin Chaudat (Des Ricochets sur les pavés)
et Marion Richard (Ifremer/MARBEC)
Financeurs et partenaires :

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