L'hippocampe

L'hippocampe

Hippocampus guttulatus, Cuvier, 1829 Hippocampe moucheté

Animalia (Règne)
Chordata (Phylum)
Teleostei (Classe)
Syngnathiformes (Ordre)
Syngnathidae (Famille)
Hippocampus (Genre)
Hippocampus guttulatus (Espèce)  

Clé d’identification : Tube buccal trois à quatre fois plus long que haut. Filaments dermiques souvent présents sur la tête et le dos. Mouchetures blanches habituellement présentes sur tout le corps. Plus de dix-neuf rayons dorsaux.

Distribution géographique : Manche, Atlantique et Méditerranée

Biotope : Il vit à proximité des prairies de zostères ou de posidonies ou des habitats rocheux avec sédiments meuble. Il vit sur le fond et s’accroche aux herbes ou algues grâce à sa queue préhensile.

Régime alimentaire : L’hippocampe a une bouche minuscule, il se nourrit de zooplancton qu’il aspire avec sa bouche en forme de pipette. Il peut également manger des petits crustacés.

Reproduction : L’hippocampe réside dans sa reproduction étonnante sans équivalent dans le règne animal.  Sa période de reproduction s’étend en général de mai à septembre.

La reproduction est précédée d’une longue parade complexe et spécifique. L’incubation des œufs est effectuée dans la poche du mâle durant 4 à 5 semaines. Les jeunes d’environ 12 mm (pour Thau*) sont expulsés par fortes contractions de leurs pères. Ils seront 100 à 600* à être livrés à eux-mêmes. Les hippocampes seraient fidèles et vivraient en couple pendant la période reproduction et parfois toute leur vie (2 à 4 ans). (* Louizy com. pers)  

Particularité : Il est fortement mimétique avec son milieu en homochromie (même couleur) et homotypie (même forme). Son immobilité et son camouflage lui permettent de s’approcher ou plutôt de laisser approcher, sans être vu, les proies dont il se nourrit, en utilisant sa bouche comme un puissant aspirateur.

Conservation : Cette espèce est en voie de raréfaction. Elle est protégée et soumise à réglementation 1) au niveau communautaire et niveau international. Bien que la pêche soit interdite, il existe encore du braconnage. Le non respect de cette interdiction est passible d’une amende pénale de 1500 euros et d’une confiscation des biens associés au délit.

Localement, de nombreuses personnes se mobilisent pour mieux connaitre l’espèce et la protéger

Depuis 2005, l’association Peau-Bleue mène des études sur les hippocampes et les syngnathes d’Europe en s’appuyant sur les plongeurs amateurs. Le programme Hippo-Thau, co-porté avec le CPIE Littoral d’Occitanie, est relayé par le réseau Sentinelles de la mer Occitanie.

Grâce à ce réseau de sciences participatives, une carte de distribution spatiale des hippocampes a pu être réalisée en 2022 dans la lagune de Thau. Les auteurs indiquent que « ces poissons ont été observés en grande majorité dans le tiers nord de la lagune, au nord d’une ligne Mèze – Sète, et très peu ailleurs »

Cet animal vous fascine ?

Nous vous conseillons d’aller découvrir ces animaux extraordinaires et leurs cousins, les syngnathes, en suivant le « sentier sous marin » de Mèze, situé plage du Taurus en face de la maison du temps libre. 

Quels sont les impacts du réchauffement climatique sur cette espèce ?

Au niveau global, le réchauffement climatique impacte la distribution géographique des hippocampes. Les modèles prédisent une forte perte d’habitat pour H. guttulatus, en Méditerranée et en Afrique du Nord d’ici 2100 selon le scénario SSP5. Les scientifiques indiquent que la réduction d’émissions de CO₂ diminuerait fortement le risque de la perte d’habitat et préserverait certaines zones refuge. 

Dans l’étang de Thau, la canicule d’août 2022 a occasionné une forte mortalité des hippocampes, dont la population a mis deux ans à se reconstituer selon Patrick Louisy. Ce dernier ajoute que « Si de tels événements devenaient plus fréquents, la population ne pourrait pas récupérer. »

Vous voulez réduire vos émissions de CO2 pour protéger cette espèce?

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Petit conseil littéraire ?

Hippocampes – Une famille d’excentriques de Patrick Louisy, est un ouvrage naturaliste faisant découvrir au lecteur la diversité de la nature, tout en rendant hommage aux passionnés qui ont contribué à la faire connaître.
Richement illustré, ce livre vous plonge littéralement dans l’univers des Hippocampes; de nombreux développements scientifiques ou ludiques captiveront les lecteurs naturalistes aguerris tout autant que les enfants ou les simples curieux de nature.

Remerciements à Patrick Louisy pour la relecture et
le complément de cette fiche.

Auteurs :
Quentin Chaudat (Des Ricochets sur les pavés)
et Marion Richard (Ifremer/MARBEC)
Financeurs et partenaires :

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