Distribution géographique : Atlantique (de la Norvège au tropique du Cancer), lagunes et mer Méditerranée, mer Noire, mer Caspienne
Biotope : La zostère naine est une espèce ingénieure de l’écosystème qui forme des couverts végétaux, appelés herbiers. Ils sont parfois denses, comparables aux prairies terrestres. Cette plante marine est tolérante à une grande variabilité de conditions environnementales. Elle peut ainsi se développer dans des eaux à température et à salinités variables sur les vases sableuses de l’étage infralittoral mais aussi dans les lagunes.
Recherches au sein de MARBEC
La dynamique saisonnière des herbiers de zostères diffère en fonction des sites et des régimes des marées. Les populations de la lagune de Thau montrent une stabilité saisonnière dans leur morphologie contrairement aux populations atlantiques qui perdent leurs feuilles au cours de l’hiver.
Les macrophytes (plantes et algues) sont observés au peigne fin par les scientifiques pour définir la qualité des milieux côtiers et des lagunes vis-à-vis de l’eutrophisation. Dans le cadre de la Directive Cadre sur l’Eau (DCE), les plantes marines dont Z. noltei sont considérées comme des espèces de référence et interviennent dans le calcul des indicateurs d’état écologique des lagunes.
Bonne nouvelle: Grâce à de nombreux efforts effectués au niveau des stations d’épuration et des réseaux d’assainissement, la lagune de Thau est en voie de restauration engendrant l’augmentation de la couverture des herbiers dans la lagune depuis 2008.
Quel est l’impact du réchauffement climatique sur les herbiers de zostères ?
Une étude a passé en revue une soixantaine d’articles de 1975 à 2020 sur le sujet. Sur la base majoritairement d’expériences au laboratoire ou en mésocosme, ces études ont montré que l’augmentation de la température aurait un effet globalement négatif pour Zostera noltei et Zostera marina. Les vagues de chaleur induiraient un effet négatif sur les herbiers de Zostera marina mais l’effet de cette pression pourrait différer en fonction de l’origine de la plante.
Une étude locale réalisée dans le cadre de la thèse de Doctorat de Constance Bourdier-Lombardot a mis en évidence une résilience globale des populations de Z. noltei de la lagune de Thau. Z. noltei tirerait profit de vagues de chaleurs modérées (+4°C) au printemps, mais serait vulnérable aux vagues de chaleur de forte intensité (+ 6°C) en été.
Un des plus grands herbiers marins du monde (4 300 km²) se trouve en Australie. Il est constitué de Posidonia australis et a été fortement touché par une vague de chaleur au cours de l’été 2010-2011, entraînant la disparition d’un tiers de la superficie de cet habitat. Cette perte a libéré beaucoup de carbone stocké durant 6 ans, aggravant le changement climatique. Elle a aussi perturbé la chaine alimentaire de nombreuses espèces marines comme les dugongs, les invertébrés, les poissons et les dauphins.
Avec des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, la survie de ces écosystèmes devient incertaine, d’où l’importance de mieux les protéger.
Des gestionnaires et des scientifiques se mobilisent pour restaurer activement les herbiers de zostères
Dans la lagune de Berre, des scientifiques tentent de relancer la biodiversité en transplantant des herbiers. D’après Nicolas Mayot (GIPREB) les résultats sont prometteurs. Grâce à la mobilisation de nombreuses personnes, près de 8 m² d’herbiers ont été replantés à l’aide de 1200 carottes en 2024 permettant à l’herbier de se propager sur une surface de près de 300 et 400 m² après 4 mois.
De telles démarches sont en cours et se multiplient à l’échelle européenne grâce à l’entrée en vigueur de la loi sur la restauration de la nature au 18 juin 2024. Son objectif est de restaurer au moins 20 % des terres et des mers de l’Union européenne d’ici 2030 et de tous les écosystèmes dégradés d’ici 2050. Dans ce cadre, l’Alliance européenne pour la restauration des herbiers marins (ESRA) a été créée pour favoriser la coopération et les échanges entre états membres.
Pour aller plus loin ?
Engage-toi pour la nature comme l’ont fait de nombreux bénévoles et écoliers au Royaume Uni en collaboration avec l’association WWF et l’Université de Swansea
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