La tortue Luth

La tortue luth

Dermochelys coriacea (Vandelli, 1761)
Animalia (Règne) Chordata (Phylum) Vertebrata (Subphylum) Tetrapoda (Megaclasse) Reptilia (Superclasse) Testudines (Ordre) Dermochelyidae (Famille) Dermochelys (Genre) Dermochelys coriacea (Espèce)

Distribution géographique : Ces tortues vivent dans les mers tropicales, subtropicales, tempérées et subpolaires. Elles effectuent de longues migrations entre différentes zones d’alimentation au fil des saisons, ainsi qu’entre leurs zones de nidification et leurs zones d’alimentation.

Régime alimentaire :
Elles se nourrissent principalement de méduses, de salpes et de siphonophores.


Reproduction : Les femelles pondent généralement plusieurs (3 à 10) couvées de 60 à 90 œufs au cours d’une saison de reproduction, et l’intervalle entre deux saisons de reproduction successives est généralement de plusieurs années (2 ans ou plus).

ConservationLa tortue Luth était a été en danger critique (CR) d’extinction en 2000. Aujourd’hui, elle est classée comme « Vulnérable » au niveau mondial mais certaines populations régionales sont toujours classées en « danger critique ».

Pour plus de détails, je te conseille de lire la revue de littérature de Eckert et al. 2012

Selon l’IUCN, les principales menaces des tortues Luth sont les suivantes :

Utilisation des ressources biologiques

  • Pêche et exploitation des ressources aquatiques (capture accidentelle ou de subsistance par la pêche artisanale de pays en voie de développement)

Anthropisation du littoral

  • Zones commerciales et industrielles
  • Zones touristiques et de loisirs

Pollution

Changement climatique et conditions météorologiques sévères

    • Déplacement et altération de l’habitat terrestres et marins
    • Extrêmes de température
    • Tempêtes et inondations

Recherches au sein de MARBEC

Jérôme Bourjea, chercheur en écologie, spécialiste des tortues, a vécu de nombreuses années à la Réunion où il a réalisé différents projets de recherche pour mieux comprendre 1) la dynamique migratoire des tortues marines dans les îles françaises de l’océan Indien (DYMITILE) et 2) la connectivité des populations de tortues caouannes dans l’ouest de l’océan Indien afin de mettre en place de mesures de gestion (COCALOCA, MERMOZ, PNA-TORTUE). L’objectif est de concevoir des recommandations sur la meilleure manière d’inclure la connectivité écologique dans les stratégies de conservation régionales et notamment de planification des Aires Marines Protégées (MERMOZ). Ses projets alimentent la base de données mondiales des tortues marines sud ouest de l’océan Indien (TORSOOI). Si tu veux en savoir davantage, je te conseille de lire sa thèse de Doctorat.

Entre 2008 et 2025, les équipes de Jérôme ont capturés 67 tortues caouannes (Caretta caretta) en haute mer pour les équiper de balises satellites avant de les relâcher dans le sud-ouest de l’océan Indien. Leurs recherches ont mis en évidence pour la première fois des migrations trans-équatoriales pour cette espèce, ainsi que les zones essentielles d’alimentation, les trois plus densément fréquentées étant le golfe d’Oman, la côte centrale somalienne et la mer d’Arabie occidentale

Sète, été 2023 : une  ponte exceptionnelle d’une tortue Caouanne sur le Lido  
Le 17 juillet 2023, des traces d’une tortue Caouanne ont été repérées par un promeneur sur une plage du Lido de Thau de la commune de Sète. Après la confirmation de la présence des œufs grâce à la détection de la ponte, un dispositif de protection a été mis en place par les services de la plage de la ville de Sète, en étroite collaboration avec le CESTMed, le SMBT et les gardes du littoral du CEN Occitanie et de Sète agglopôle Méditerranée. Le personnel de l’UMR MARBEC et de l’Ifremer ont été sollicités pour participer aux formations et aux rondes de surveillance. J’y ai participé avec d’autres bénévoles, de jour comme de nuit ! Je garde un souvenir incroyable de ces quarts, centrés sur la solidarité, le partage entre amoureux de la nature. L’éclosion des œufs a eu lieu le 16 septembre au cours d’une tempête. Malgré la pluie battante et la mer agitée, les bénévoles sont restés jusqu’au bout. Ainsi 34 tortillons ont pu être transférés au large de la plage  le 17 septembre 2023 par la responsable de projet Céline Ferlat et son équipe. La caouanne atteint la maturité sexuelle à l’âge de 17 à 33 ans . Noter qu’il va falloir être patient pour espérer voir l’une d’entre elles revenir un jour pondre sur les plages de Sète !

Cet animal te fascine, nous te conseillons de lire et de feuilleter ces ouvrages : 

Les tortues marines – 80 clés pour comprendre – 

« Les tortues marines ont colonisé les océans il y a plus de 100 millions d’années et ont peu évolué depuis, semble-t-il. Sept espèces se trouvent dans les zones intertropicales et tempérées des océans du globe où elles passent l’essentiel de leur vie. Des scientifiques tentent de percer les mystères de leur adaptation à la vie marine, de leurs cycles migratoires et de leur étonnante longévité. Une longévité durement mise à l’épreuve par les nombreuses menaces qui pèsent sur ces navigatrices hors du commun. Que connaît-on vraiment des tortues marines ? Pourquoi revenir pondre sur la plage où elles sont nées ? Comment communiquent-elles ? Cet ouvrage richement illustré, émaillé d’anecdotes historiques ou littéraires, vous propose de découvrir la vie mystérieuse de ces infatigables baroudeuses ! » Cet ouvrage a obtenu en 2025 le prix « Etoiles Bleues » dans la catégorie “Médiation scientifique” 

Des Tortues et des Iles : Voyage au Coeur de l’Océan Indien

« Plongez dans cet ouvrage et laissez-vous emporter par les tortues marines qui peuplent ces îles de l’océan Indien, vous éprouverez alors un sentiment puissant de liberté. A la lueur d’un croissant de lune, une étrange créature sort de l’océan. Couverte d’une carapace protectrice, elle rampe péniblement sur le sable, soufflant à chaque effort prodigué pour mouvoir son corps lourd. Ses nageoires puissantes la propulsent vers le haut de la plage, loin du tumulte des vagues. »

Pour plus de renseignements, contactez nos experts MARBEC :

jerome.bourjea@ifremer.fr

Merci à Jérôme pour la relecture de cette fiche, ses conseils et les documents transmis

Auteurs :
Quentin Chaudat (Des Ricochets sur les pavés)
et Marion Richard (Ifremer/MARBEC)
Financeurs et partenaires :

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