La grande nacre

La grande nacre

Pinna nobilis Linnaeus, 1758
Animalia (Règne) Mollusca (Phylum) Bivalvia (Classe) Ostreida (Ordre) Pinnidae (Famille) Pinna (Genre) Pinna nobilis (Espèce)
Clé d’identification :
Ce coquillage est fiché verticalement dans le sédiment Il possède deux valves (bivalve) de grande taille de forme triangulaire Les faces extérieures sont hérissées de petites épines en forme de gouttières L’intérieur des valves est brillant et nacré Sa taille peut atteindre 1,20 m selon le spécialiste Nardo Vincente Sa croissance est rapide sur les 3-4 premières années avec une pousse d’environ 10 cm par an. L’âge des individus de 80 cm est estimé entre 16 et 20 ans. Sa durée de vie peut atteindre 45 à 50 ans.

Distribution géographique : Espèce endémique de Méditerranée

Habitat :
Fonds sableux ou sablo-vaseux
Prairies de posidonies ou de zostères

Alimentation : La grande nacre filtre l’eau pour s’alimenter.  L’espèce se nourrit d’une combinaison de détritus et de plancton végétal (phytoplancton) et animal (zooplancton)

Reproduction : Nobilis est un animal à hermaphrodisme successif à maturation asynchrone.

Les gamètes mâles (spermatozoïdes) et femelles (ovocytes)  sont émis dans l’eau entre Juin et Août. Après la fécondation, les œufs se transforment en larves trochophores, puis en larves véligères pélagiques. A la fin de la phase larvaire, la larve subit une métamorphose puis s’ancre dans le sol pour continuer sa croissance jusqu’à la phase adulte.

Particularité : Comme la moule, la grande nacre est capable de se déplacer à l’aide d’un organe appelé « pied ». Couchée dans le sable, elle est capable de se redresser après 20 jours.
Elle peut secréter des perles de couleur rougeâtre, ne possédant aucune valeur commerciale. Elle produit des filaments appelés byssus lui permettant de se fixer dans le sédiment.
Exploitation :
Elle a été longtemps exploitée pour sa nacre et son byssus pour créer des boutons et broder des tissus nobles.
Chiara Vigo, dernière « Maestro di Bisso », a apprit l’art de produire ce fil précieux et rare auprès de sa grand-mère en Sardaigne. elle semble être la seule personne à maintenir cet art vivant, enseigné pendant 28 générations au sein de sa famille.

Conservation :
Pinna nobilis est inscrite au registre de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) comme étant en Danger Critique d’Extinction (CR). Elle est sur la liste des invertébrés dont « la destruction, la capture ou l’enlèvement, la naturalisation ou qu’ils soient vivants ou morts, le transport, le colportage, la mise en vente, la vente ou l’achat » sont interdits (arrêté du 26 novembre 1992)

La lagune de Thau : un véritable refuge pour l’espèce

Depuis plusieurs années, la grande nacre a trouvé refuge dans la lagune de Thau au contraire des zones côtières de Méditerranée, où elle a été disséminée par le parasite Happlosporidium pinae à partir de 2016 sur les côtes espagnoles. Un événement inhabituel de mortalité massive s’est rapidement propagé vers le nord et l’est, atteignant la France, l’Italie, le Maroc, la Tunisie, Malte, la Grèce, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, Chypre et la Turquie en 3 ans.

Une première détection d’infection de Pinna nobilis par H. pinnae a été observée en 2020 au niveau de la lagune de Thau, sur les sites de Lafarge et du Barrou au contraire des sites de Mèze Plagette. La survie des ces populations est fondamentale pour la préservation de l’espèce.

Des plongeurs bénévoles se mobilisent pour cartographier les populations de grande nacre de l’étang de thau

Sur l’ensemble de la campagne de recensement Hippo-Thau porté par le CPIE Bassin de Thau et l’association Peau Bleue, plus de 12 000 nacres ont été observées, vivantes à 92,5 %.

Entre 2018 et 2019, la population de grande nacre a été estimée à 61976 ± 44066 individus avec des densités maximales observées au niveau du lido.

Une initiative portée par le SMBT vise à organiser la collecte et la conservation de jeunes « recrues » de Thau, à des fins scientifiques ou de protection de l’espèce.

Menée avec des conchyliculteurs volontaires, cette démarche permet de récupérer des juvéniles de grande nacre s’étant fixés naturellement dans le matériel d’élevage d’huîtres de type « Pearl nets » et « lanternes »

Les jeunes grandes nacres sont ensuite :

  • stockées au niveau de la table conchylicole du Lycée de la Mer,
  • transférées en bassin à la Station Marine de Sète,
  • mises à disposition de projets scientifiques,
  • ou intégrées à des démarches de conservation, lorsque les conditions sont réunies.

L’objectif du projet RECRUE est clair : mieux comprendre, préserver et accompagner la protection de cette espèce emblématique, dans un cadre strictement réglementé.

Le projet « RECRUE », porté par Camille Pfleger, est soutenu financièrement par France Nature Environnement Occitanie Méditerranée, grâce aux dons collectés dans le cadre de l’opération « Les Super Pouvoirs de l’Océan » diffusée sur France 3.

Tu n’as jamais vu de Grande Nacre pour de vrai ?

Prend ton masque et ton tuba et suis le « sentier sous marin », situé juste en face de la fresque OCEANORUE de la  Maison du Temps Libre à Mèze. Tu en verras en grand nombre ! Bonne découverte !

Tu voudrais aller plus loin ?

Nous te conseillons de regarder « GRANDE NACRE – Le Dernier Refuge » 

Robert Bunet (directeur scientifique à l’institut océanographique Paul Ricard), Nardo Vicente (Professeur émérite à l’Université Aix Marseille), Matthieu Foulquié (Ingénieur à l’institut océanographique Paul Ricard) vont tout t’expliquer sur cet animal étonnant.

Les prochains épisodes seront diffusés par FNE Occitanie Méditerranée – Vivre dans un monde vivable

Pour plus d’informations, contactez Camille Pfleger, chargée de mission Natura 2000 et Biodiversité au SMBT (c.pfleger@smbt.fr)

Auteurs : Quentin Chaudat (Des Ricochets sur les pavés) et
Marion Richard
(Ifremer/MARBEC)
Merci à Camille Pfleger pour la relecture
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